Comment faire son DUERP soi-même : la méthode complète en 5 étapes
Pas besoin d'être expert QSE pour rédiger un Document Unique conforme. Unités de travail, identification des dangers, cotation, plan d'action : la méthode pas à pas.
Faire son DUERP soi-même est tout à fait possible — et souvent plus pertinent qu'une prestation externe, car personne ne connaît mieux votre entreprise que vous. Voici la méthode complète, conforme aux recommandations de l'INRS.
Étape 1 : découper l'entreprise en unités de travail
L'unité de travail est la brique de base du DUERP. Il s'agit d'un regroupement cohérent de situations d'exposition aux risques : un lieu (atelier, bureaux, entrepôt), un métier (livreurs, commerciaux) ou une activité (maintenance).
Pour une TPE classique, comptez 4 à 8 unités. Exemple pour un restaurant :
- Cuisine
- Salle / service
- Réserve et chambre froide
- Terrasse
- Livraisons
N'oubliez pas les zones « secondaires » : sanitaires, parking, local technique. Les accidents y sont fréquents et l'inspection vérifie leur présence.
Étape 2 : identifier les dangers, unité par unité
Parcourez physiquement chaque unité de travail et posez-vous la question : qu'est-ce qui pourrait blesser quelqu'un ici ? Appuyez-vous sur les grandes familles de risques :
- Physiques : chutes de plain-pied et de hauteur, machines, bruit, électricité, incendie, ambiances thermiques ;
- Chimiques : produits d'entretien, solvants, poussières ;
- Biologiques : agents infectieux, déchets ;
- Ergonomiques : manutention manuelle, gestes répétitifs, travail sur écran ;
- Psychosociaux : stress, agression, travail isolé, horaires décalés ;
- Routiers : trajets et missions.
Astuce : interrogez vos salariés. Ils connaissent les presque-accidents que vous ne voyez pas. C'est d'ailleurs une exigence de la démarche : l'évaluation doit s'appuyer sur le travail réel, pas le travail prescrit.
Étape 3 : coter chaque risque
La méthode la plus répandue croise deux critères, notés chacun de 1 à 4 :
- La probabilité (ou fréquence) d'occurrence : de « très improbable » à « très probable » ;
- La gravité des dommages potentiels : de « bénin » à « très grave ».
Le produit P × G donne le risque brut (1 à 16). Trois niveaux en découlent :
| Score | Niveau | Interprétation |
|---|---|---|
| < 4 | Faible | Acceptable, surveillance standard |
| 4 à 7,9 | Moyen | À réduire, actions à planifier |
| ≥ 8 | Élevé | Inacceptable, action immédiate |
Les entreprises plus matures ajoutent un coefficient de maîtrise (méthode F × G × M) qui réduit le score selon les protections déjà en place : techniques (carter de machine), organisationnelles (procédure), comportementales (formation, EPI).
Étape 4 : construire le plan d'action
Pour chaque risque moyen ou élevé, définissez au moins une action corrective avec :
- un responsable nommé ;
- une échéance réaliste ;
- si possible un budget estimé.
Priorisez selon les principes généraux de prévention (article L4121-2) : supprimer le risque d'abord, protéger collectivement ensuite, protéger individuellement enfin.
Étape 5 : formaliser, signer, conserver
Votre document final doit contenir : l'identification de l'entreprise (SIRET, code APE, effectif), la méthodologie utilisée, l'évaluation par unité de travail, le plan d'action, et les mentions légales. Datez-le et signez-le. Conservez chaque version 40 ans et tenez-le à disposition des salariés et des autorités.
Combien de temps ça prend ?
À la main, comptez 2 à 4 jours de travail pour une TPE — c'est la raison pour laquelle tant d'entreprises repoussent l'exercice.
Avec un outil comme My DUERP, le processus tombe à quelques heures : votre secteur d'activité pré-remplit les unités de travail et les risques types (référentiel INRS), vous filmez vos locaux et l'IA détecte les risques visibles, la cotation est guidée, et le PDF conforme est généré et archivé automatiquement. L'évaluation est gratuite — vous ne payez que pour l'export du document final.